Les TCC, c'est quoi ?

Les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC) représentent l’application de principes issus de la psychologie scientifique à la psychothérapie. Elles regroupent un ensemble de méthodes de travail et de techniques de changement scientifiquement reconnues qui interviennent au niveau cognitif (pensées) comportemental et émotionnel pour traiter des difficultés psychologiques très variées.

Pourquoi scientifiquement reconnues ?

Car elles mettent l’accent sur la méthode expérimentale pour comprendre et modifier les comportements ainsi que les pensées et émotions qui y sont associées.
C'est le courant psychothérapeutique le mieux validé par la recherche. En effet, ces méthodes de traitement sont recommandées par toutes les instances internationale, européenne, et française, comme le traitement de première intention pour la prise en charge de l’insomnie chronique (Haute Autorité de Santé, 2006).

Une récente méta-analyse en 2018 recense plus de 80 études sur l'efficacité des TCCs !

 

Il y 3 composantes en TCC :

  1. la composante Comportementale ;

  2. la composante Cognitive ;

  3. la composante Émotionnelle.

 

En abrégé on peut donc utiliser «TCC» ou «TCCE». En anglais on parle de "CBT" : Cognitive Behavioral Therapy.

 

La TCC n'est pas une thérapie qui a pour but de simplement converser. Elles se distinguent des autres thérapies par la mise en place d'un rapport collaboratif et interactif qui unit le patient au psychologue, tels qu'ils travaillent ensemble pour résoudre des problèmes qui simplement vous gênent ou vous font le plus gravement souffrir.

 

C'est une méthode brève et active dans laquelle vous allez vous investir lors des séances par la réalisation d'exercices, toujours guidé et soutenu par votre psychologue, et qu'il sera nécessaire de reproduire chez vous, pour que ce qui s’est déroulé dans le cadre de la séance puisse petit à petit se répéter, jusqu’à se généraliser dans votre vie quotidienne.

 

Nous avons tous besoin d'outils reconnus et efficaces pour nous aider à faire face aux défis de la vie. La TCC a la capacité de vous apporter ces outils là !

Si vous cherchez une manière de procéder à d’importants changements dans votre vie, vous avez trouvé la bonne approche !

Les TCC, pour qui ?

L'efficacité des TCC reconnue par la HAS

Les TCC sont recommandées par la Haute Autorité de Santé pour de nombreux troubles et quelque soit l'âge du patient (enfants, adultes et personnes âgées) :

  • la dépression,

  • les troubles anxieux,

  • les phobies,

  • les TOC,

  • les troubles du comportement alimentaire,

  • l'insomnie,

  • les comportements addictifs, etc.

  • Hors pathologie: Résoudre des problématiques telles que choix de vie, décisions importantes, développement de compétences spécifiques. Elles sont également utilisées dans l’accompagnement de sportifs de haut niveau. Enfin, on les utilise énormément en coaching personnel ou d’entreprise, ainsi que pour le coaching professionnel (gestion de carrière, préparation aux entretiens d’embauche…).

L'insomnie et sa prise en charge TCC sont présentées dans ce site (menu "L'insomnie" et "Déroulement de la thérapie").

Les TCC, comment ?

Le principe qui est au centre des TCC est la notion d’apprentissage. L’idée sous-jacente est que bon nombre des situations qui nous posent problème viennent du fait que nous n’avons pas appris à gérer certaines situations, ou que la réaction que nous avons apprise est utilisée de façon inadaptée ou avec une fréquence exagérée.

Le travail en thérapie cognitive comportementale consiste donc à apprendre de nouvelles façons de faire face à ces situations qui posent problème.

Pour ce faire, la démarche suit un plan très rigoureux :

  1. Identification des réactions apprises et des pensées automatiques qui les déterminent (composante cognitive). C’est l’analyse fonctionnelle. A ce stade on ne rediscute pas encore les choses, le psychologue spécialisé en TCC essaie de comprendre les émotions et les craintes du patient, étape obligée afin de pouvoir travailler.

  2. Discussion des schémas qui vont être mis en exergue, restructuration cognitive, cherchant à rediscuter les erreurs cognitives et les biais dysfonctionnels (composante cognitive)

  3. Recherche de solutions alternatives et de réactions plus adaptées (composante cognitive)

  4. Mise en pratique concrète de ces solutions (composante comportementale)

L’indication d’une thérapie cognitive comportementale sera posée par le psychologue dans le cadre d’une prise en charge globale.

Le nombre de séances est limité dans le temps pour un problème donné. Toutefois, même si ce n’est pas une affaire d’années, il est faux d’imaginer que ce sera réglé en 2 séances. Le temps psychique est lent, et n’est pas le même que le rythme trépidant de la vie quotidienne.

Le fonctionnement des TCC est réglé sur des bases scientifiques rigoureuses. Votre psychologue doit pouvoir vous expliquer pourquoi il vous propose telle ou telle tâche.

Par contre, l’existence d’exercices, et le caractère confrontant de la TCC nécessite une motivation et un investissement personnels importants. La TCC n’est pas quelque chose que l’on fait en dilettante. L’efficacité est à ce prix.

Comme dit précédemment, il y 3 composantes en TCC :

  1. la composante Comportementale ;

  2. la composante Cognitive ;

  3. la composante Émotionnelle.

La composante Comportementale

L'objectif de cette composante est de modifier les comportements observables (verbaux ou moteurs).

Elle repose sur le corpus théorique des modèles d’apprentissage :

  1. le conditionnement classique (ou répondant) Pavlovien :

 

Pour rappel, voici cette célèbre expérience de Pavlov:

  • étape 1 : on présente de la nourriture à un chien : le chien salive

  • étape 2 : on présente de la nourriture à un chien et en même temps un signal sonore se fait entendre : le chien salive. On répète plusieurs fois cette étape.

  • étape 3 : le signal sonore est émis, sans qu’aucune nourriture ne soit présentée : le chien salive quand même

 

Le chien a été conditionné par le stimulus externe: c’est le conditionnement répondant. Il faut noté que ce conditionnement est automatique: la volonté de l’individu, son autodétermination n’interviennent pas.

  2. le conditionnement opérant Skinnérien :

Dans cette situation, le sujet sélectionne la réponse qu’il va donner en fonction de l’expérience passée. Ainsi, une conséquence vécue comme positive suite à un comportement sera renforçante pour le comportement. On parle donc de renforcement positif si il y a l'ajout d’un élément apprécié, et de renforcement négatif en cas de retrait d’un élément aversif. A l’inverse une conséquence négative sera dissuasive (on parle de punition).

 

Ces concepts ont été identifiés par Skinner, et théorisent assez bien la populaire notion de « carotte et de bâton ».

C’est la « 1ere vague des TCC ».

  3. l’apprentissage social de Bandura :

Bandura se démarque des précédents en démontrant que l’apprentissage social, par observation, est très efficace dans l’apprentissage, et ce, même en l’absence de renforcement de l’observation. Ce concept est nouveau à l’époque et avait été écarté auparavant.

La théorie de l’apprentissage social théorise trois procédures d’acquisition nécessitant une observation sociale :

  1. l’apprentissage vicariant découle de  l’observation d’un pair qui exécute le comportement à acquérir (il peut s’agir d’un formateur – leader – du groupe, d’une observation fortuite d’un pair,…). En d'autres termes, l'acquisition d'un comportement va passer en grande partie par imitation de modèle, on va parler de modeling.

  2. la facilitation sociale se rapporte à l’amélioration de la performance du sujet sous l’effet de la présence d’observateurs. 

  3. l’anticipation cognitive est l’assimilation d’une réponse comportementale par raisonnement analogiques à partir de situations similaires.  Cela débouche sur l’éducabilité cognitive.

 

En résumé, l’apprentissage social débouche sur la notion qu’un changement de comportement peut survenir dans la mesure où un apprentissage orienté vers le changement est accompli. C’est lui, entre autres, qui permet la fusion des courants cognitivistes et comportementalistes.

Tous ces apports conduisent à l’apparition de la composante cognitive : C’est la « 2ème vague des TCC ».

La composante Cognitive

La composante cognitive cible les erreurs dans la manière dont un individu traite l'information perçue. Il s'agit pour le thérapeute de rendre le patient conscient de l'aspect très subjectif de ce que les situations vécues suscitent en lui. Pour ce faire, le thérapeute va apprendre au patient à repérer ce qu'il se dit dans différentes situations difficiles afin d'identifier le type d'erreurs qui contribuent à filtrer les éléments perçus. Le travail va porter sur le repérage des croyances profondes de l'individu sur lui, les autres et le monde. 

Les premiers modèles cognitifs de traitement de l’information ont été élaborés par Aaron Beck à partir de 1959. C’est le pionnier des thérapies cognitives.

La composante Emotionnelle

Actuellement les TCC ont connu plusieurs approches nouvelles, qui définissent la « 3e vague des TCC », dite émotionnelle.

Les comportements, les pensées et les émotions sont en effet en interaction constante. Les émotions qui traversent l'individu favorisent certaines réponses comportementales au détriment d'autres.

 

Cette 3e vague se distingue des précédentes par plusieurs caractéristiques :

  • la contextualisation du symptôme est plus importante que le symptôme lui-même

  • le psychologue spécialisé en TCC cherche à modifier la relation du patient à son symptôme plus que le symptôme lui-même

  • le thérapeute TCC aide le patient à accepter les symptômes à savoir les émotions, les pensées automatiques et les ressentis physiques, au lieu de les fuir

  • l’accueil du symptôme sans jugement prend une part importante dans le travail psychothérapique

  • la mise à distance des pensées est privilégier, et non pas leur restructuration rationnelle. A ce titre, la pleine conscience est un outil parmi d’autres permettant de travailler cet aspect.

Les principales approches constituant la 3ème vague regroupent :

  • La Mindfullness ( thérapie de pleine conscience) , MBCT, MBSR

  • La thérapie dialectique comportementale de Linehan

  • L'ACT (d’acceptation et d’engagement )

  • La thérapie des schémas de Young


La composante émotionnelle est abordée par le biais d'un travail spécifique portant sur les capacités à repérer, tolérer les émotions difficiles. La capacité à identifier explicitement les émotions favorise quant à elle la possibilité de mettre en place des réponses stratégiques, c'est-à-dire des réponses comportementales plus fonctionnelles que les réponses automatiques.